Dans les exemples suivants:
« Ève, si tu continues à faire du bruit avec ton verre, tu sors de table et tu t’en vas te coucher! »
« Matéo, je suis tanné, si tu lances encore les blocs légos, c’est fini, tu ne pourras plus jouer avec ceux-ci! »
Est-ce ce correct en 2026?
Attitudes et pratiques inappropriée (API), ou interventions éducatives bienveillantes?
Qu’en pensez-vous?
Pour ma part, ce ne semble pas très bienveillant.
On veut plutôt faire peur.
Plutôt dire:
« Ève, c’est un peu fort, on ne s’entend plus parler, est-ce que t’arrêterais? On en a parlé, si tu continues, je devrai t’enlever ton verre! »
Expliquer, valider, trouver une solution lorsque possible, donner une conséquence, si applicable.
« Matéo, on en a parlé, les blocs légos, c’est pour des constructions, si tu les lances de nouveau, je vais te demander de prendre un autre jeu! »
Donc, conséquence: une pénalité appliquée logique, en lien et proportionnelle au geste, action ou parole posés.
Et non une punition: une pénalité hors proportionnelle, souvent non reliée, visant à faire peur.
Faire peur.
C’est ce qui définit une menace.
Dans la bienveillance, on veut que l’enfant suive la consigne parce qu’il la comprend, qu’elle fait du sens.
Et non, parce qu’il a peur d’une pénalité annoncée, qu’il la suit sans savoir pourquoi, ou une promesse de récompense.
« Charlotte, si tu ranges rapidement et tu t’en viens, une surprise t’attend dans la voiture! »
Et même si la plupart des exemples cités dans le Guide des attitudes et pratiques inappropriées du MFA, sont assez évidents à ne pas reproduire en 2026.
Humilier, infliger de la violence physique, se moquer.
Quelques exemples du Guide des API du MFA peuvent porter à confusion.
« Le menacer de lui enlever sa doudou, sa suce, son toutou »
Le menacer?
Lorsqu’Emma, 3 ans, au dodo, lance sa doudou dans les airs, la frappe par terre, dérange sa voisine avec celle-ci, on dit:
« Emma, je crois que tu le sais, la doudou, c’est pour te tenir au chaud, les ami(e)s veulent se reposer, si tu continues à la lancer, je devrai te l’enlever! »
Si elle continue:
« Emma, je t’enlève ta doudou pour deux minutes, reste tranquille sur ton matelas, sans bouger, et je te la redonne tout de suite! »
Et dès qu’elle ne bouge plus, après 30 secondes, on lui redonne:
« Bravo Emma, tu es championne, continue comme cela, montre-moi comment tu est bonne, comme tu le fais habituellement! »
Plutôt de la bienveillance.
Un autre exemple du Guide qui peut porter à confusion:
« Crier ou parler fort en s’adressant à un enfant »
Si Alexis lâche le serpentin, lors d’une sortie au parc, et s’aventure dans la rue, on dit, avec une voix douce et chantante:
« Alexis, ce n’est pas une bonne idée, regarde, une voiture s’en vient, ne lâche pas le serpentin S.V.P.! »
Peut-être ne comprendra-t-il pas qu’il pourrait y avoir danger.
Non, plutôt, avec une voix ferme, assurée, forte, on prend sa main:
« Alexis, y’a une voiture, c’est dangereux, on tient le serpentin, on marche sur le trottoir, t’as compris? »
Hausser le ton lors de certaines situations, interventions avec un comportement récurrent, ne sera pas une API.
Un autre exemple:
« L’exclure des activités pour le punir »
Lorsque le bricolage est prêt:
« Les ami(e)s, dès que vous avez rangé votre jeu, vous pouvez commencer! »
Si Jacob ne veut pas ranger, on dit:
« Jacob, viens, je vais t’aider, t’as juste 5 voitures à ranger, vite, tu vas pouvoir commencer le bricolage! »
Si on ne laisse pas commencer tant qu’il ne les a pas rangé, nous serons dans la bienveillance.
Donc, nuancer, faire du sens, selon le contexte, la récurrence, ce qu’on travaille avec l’enfant.
À ne pas s’y perdre, API et intervention éducative bienveillante.
Qu’en pensez-vous?
