On tient Océane à l’oeil et on intervient avant même qu’elle se fâche, on la connaît, on peut prédire en l’observant ce que va être un déclencheur, on travaille les habiletés sociales, et on lui demande:
« Qu’est-ce qui te fâche, qu’est-ce que tu n’as pas aimé ou qu’est-ce que tu veux? »
Selon sa réponse, on lui montre comment faire la demande, dire ce qu’elle veut, ce qu’elle n’a pas aimé, et on la fait pratiquer, et on intervient à chaque fois.
On ne la laisse pas se perdre dans sa colère.
Lorsque travailler les habiletés sociales donne peu de résultats, on se posera alors la question: « Pourquoi Océane se fâche-t-elle aussi rapidement pour peu? »
Il y a toujours un cause derrière un mauvais comportement
Alors, on observe, on interagit, on joue avec Océane, on parle avec les parents, on crée un lien significatif bienveillant avec elle, et peu à peu, la réponse nous viendra.
Avec Océane, cela m’a pris quelques mois avant de la découvrir.
Dans mon groupe de 4-5 ans en début d’année, Océane avait tendance à se fâcher rapidement et pousser ses ami(e)s avec beaucoup de force, lorsqu’ils (elles) ne voulaient pas jouer avec elle.
Je m’empressais d’intervenir, de lui demander le pourquoi, de travailler les habiletés sociales avec elle, et de lui faire comprendre que c’était correct qu’un(e) ami(e) ne veule pas jouer avec elle.
Au fil des mois, il semblait y avoir peu de progrès, je me demandais s’il n’y aurait pas un autre déclencheur, à la maison possiblement.
Un jour, lors d’une causerie où l’on parlait de papa et maman, Océane avait mentionné que son papa ne voulait pas jouer avec elle, qu’il n’avait pas le temps, et ça semblait la mettre un peu en colère.
Une journée, suite à qu’elle se soit mise en colère et poussé à nouveau, j’ai pris une chance et lui ai demandé, seul à seul:
“Océane, est-ce possible que quand ton papa, après que tu lui as demandé, qu’il ne prend pas le temps de jouer avec toi, tu penses qu’il ne t’aime plus, et ça te fait mal au coeur?”
Ses yeux se sont arrêtés pour un instant, des petites larmes ont apparues, et elle a fait un signe de tête que oui, et elle s’est blottie dans mes bras, en pleurant.
On venait alors de trouver la cause sous-jacente, ce qui lui faisait mal. Océane revivait avec ses pairs ce qu’elle ressentait à la maison dans sa relation avec son papa.
À partir de ce moment, nous avons pu, en équipe avec les parents, adresser le tout.
On a échangé avec elle, elle a compris que Papa était toujours pour l’aimer, toute la vie, quoi qu’il arrive. Papa a ensuite vraiment pris le temps de prendre du temps de qualité avec sa fille.
Ses interactions sociales avec ses pairs dans le local se sont peu à peu améliorées. Elle se sentait moins désemparée, abandonnée et ne vivait plus un sentiment de rejet lorsqu’un(e) ami(e) ne voulait pas jouer avec elle.
Un changement important s’était produit, elle était juste elle-même, bien en elle-même.
Son papa n’avait pas établi un lien de sécurité affective avec Océane, celle-ci avait eu la pensée que son papa ne l’aimait peut-être pas.
D’où l’importance d’un lien significatif pour le bien-être de l’enfant, la sécurité affective étant un besoin de base au même titre que la sécurité physique.
Qu’en pensez-vous?
Êtes-vous en mesure de mieux comprendre l’importance de la sécurité affective, et d’aller à la cause du comportement lors de peu de progrès?
RÉSUMÉ
On SURVEILLE l’enfant de près dans ses interactions, en connaissant les déclencheurs, on peut alors intervenir avant que l’enfant se mette en colère
Lorsque l’ENFANT est pour se mettre en colère, on lui demande le pourquoi, ce qu’Il veut, ce qu’il n’a pas aimé
On VALIDE son émotion, on lui montre comment exprimer ce qu’il veut, n’a pas aimé, et on le fait pratiquer à le dire
On travaille alors les HABILETÉS SOCIALES avec lui
On ne laisse jamais l’enfant se PERDRE dans sa colère
Lors de peu de PROGRÈS, en trouvant la cause du comportement, on peut alors aider l’enfant à être lui-même
Et ça, C’EST magique!
Merci de prendre le temps de me lire!
