L’année débute, et on se rend compte que Zoé parle peu, n’ose pas s’exprimer avec ses pairs, répond peu à nos questions, et joue souvent seul.
Que fait-on et comment adresse-t-on la situation?
Eh bien, on se pose des questions, on observe, on vérifie avec les parents la situation à la maison, lorsqu’en installation, on vérifie avec nos collègues, la T.E.S., s’il y a un plan d’intervention déjà en place pour l’enfant.
Et de là, on peut travailler.
Souvent, lorsqu’on aide l’enfant à développer sa confiance en soi, son estime de soi, ses habiletés sociales, sa réflexion, et qu’on crée un lien d’attachement avec lui, beaucoup de points s’améliorent.
Cependant, lorsque peu de progrès sont observés après quelques mois, faire vérifier l’audition de l’enfant, le faire suivre par un(e) orthophoniste, qui pourra nous guider sur d’autres possibilités, une évaluation neuro-psychologique, seront des choses à considérer.
Zoé, selon ce que nous observions avec notre T.E.S (éducatrice spécialisée), semblait possiblement avoir des symptômes associés au mutisme sélectif.
Zoé ne parlait que très peu, il était difficile de la comprendre, parlait peu à la maison, ne répondait pas aux questions ou répondait après 5-10 secondes, la situation était similaire avec ses parents, elle ne répondait pas non plus à ses grands-parents.
La T.E.S. et moi, avions immédiatement recommandé aux parents que Zoé soit suivie par un(e) orthophoniste.
Zoé ne semblait pas avoir d’autres retards dans ses autres sphères de développement. Elle faisait du sens, semblait comprendre ce qu’on lui disait, possédait une bonne motricité globale et motricité fine, sa dimension cognitive était aussi bien présente pour son âge.
L’orthophoniste de Zoé avait commencé à travailler avec elle sa prononciation et sa syntaxe, l’éducatrice spécialisée faisait beaucoup de jeux, un à un, avec elle, pour travailler sa compréhension, et peu à peu sa prononciation s’améliorait, elle commençait à parler un peu avec ses ami(e)s.
Parfois, à ma surprise, elle se mettait soudainement à me partager quelque chose, sans que je lui demande, et je lui répondais et continuais la conversation avec elle, même si je ne comprenais pas toujours ce qu’elle disait.
Ses ami(e)s ne la comprenaient pas toujours, non plus, ce qui faisait qu’elle ne prenait pas sa place, ne disait pas ce qu’elle voulait, préférait se taire, et souvent, suivait ce que son ami(e) proposait, et par le fait-même, ne s’écoutait pas.
Malgré cela, Zoé prenait confiance dans ses autres dimensions, elle était maintenant bonne pour colorier, découper, aussi très sportive, tirait toujours son épingle du jeu dans les activités proposées, et peu à peu, elle osait dire plus de mots, et aussi répondre, parfois, un peu plus rapidement.
Par après, possiblement 4-5 mois après le début de l’année, même si Zoé avait bien du plaisir, et avait progressé un peu, elle semblait faire du surplace, son orthophoniste avait soulevé l’hypothèse d’un trouble du développement du langage, ce qui aurait expliqué les difficultés qu’elle avait de parler.
Dans les mois suivants, j’ai continué avec les projets, des activités motrices fines et globales, des jeux d’adresse, on a enregistré une chanson avec tous les ami(e)s, chantant chacun une section, filmé une vidéo, et peu à peu, Zoé semblait encore prendre plus confiance en elle.
Elle avait été bien surprise de s’entendre chanter, (les grands yeux ouverts!) et avait bien aimé de se voir sur vidéo, avec tous ses ami(e)s!
Vers la fin mai, début juin, un déclic s’est vraiment produit chez Zoé, nous faisions un film où chaque enfant disait 7-8 lignes chacun, et à notre grande surprise, la voix de Zoé sortait assurée, avec de l’émotion dans la voix.
Aussi, sa maman m’avait partagé que Zoé s’était mise à parler avec tout le monde, avec les voisins, à d’autres enfants qu’elle ne connaissait pas au parc, ses grands-parents ne la reconnaissaient pas. On avait commencé à découvrir qui était Zoé, sa personnalité, ce qu’elle aimait, ses émotions, ce qu’elle observait, pensait, elle s’exprimait, elle avait fait beaucoup de chemin!
Donc, l’orthophoniste avait finalement écarté l’hypothèse du trouble de développement du langage, et que c’était plutôt un retard de langage.
Zoé, avec l’aide de l’orthophoniste, l’éducatrice spécialisée, et avec tous les activités et projets réalisés durant l’année, avait peu à peu pris confiance en elle-même, développé son estime de soi, s’était rendu compte, qu’elle était capable de s’exprimer au même titre que ses ami(e)s, et avait pris sa place.
Qu’en pensez-vous?
Êtes-vous en mesure de voir que derrière un enfant qui parle peu, peut se trouver un retard de langage, de l’anxiété, un manque de confiance en ses capacités langagières et un manque de confiance et d’estime de soi, et qu’il est possible de les travailler avec l’enfant?
RÉSUMÉ
Lorsqu’un ENFANT parle peu, observer, se poser des questions, vérifier avec les parents la situation à la maison, en installation, avec nos collègues, la T.E.S., s’il y a un plan d’intervention en place pour l’enfant
Les CAUSES lorsqu’un enfant parle peu, peuvent être un manque de confiance et estime de soi, de l’anxiété, un retard de langage, un trouble de comportement, une hypersensibilité
En DÉVELOPPANT sa confiance en soi, son estime de soi, ses habiletés sociales, sa réflexion, en créant un lien d’attachement avec l’enfant, souvent l’enfant qui parle peu se mettra à parler
Lors de peu de PROGRÈS observés, faire vérifier l’audition de l’enfant, faire suivre par un(e) orthophoniste, une évaluation neuro-psychologique, seront des choses à considérer
En début d’année, ZOÉ ne parlait que très peu, et semblait avoir des symptômes associés au mutisme sélectif, et a été suivi par une orthophoniste et une éducatrice spécialisée
Finalement, Zoé avait possiblement un retard de langage, et en travaillant sa confiance et estime de soi, ses habiletés sociales, en créant un lien d’attachement, vers la fin de l’année, Zoé s’était mise à parler comme les autres enfants de son âge
Et ça, C’ÉTAIT magique!
Merci de prendre le temps de me lire!
