Le mutisme sélectif, selon Anxiété Canada serait principalement un trouble anxieux de l’enfance, diagnostiqué lorsqu’un enfant ne parle pas de manière constante dans certaines situations, et s’exprime aisément dans d’autres situations.
Geneviève Bérubé, orthopédagogue, indique, elle, que ce serait un trouble de l’enfance caractérisé par une incapacité à parler, dans certaines situations, par exemple, à l’école, et qu’il parlera dans d’autres, exemple, à la maison.
Voici l’histoire de Zoé qui a débuté l’année, chez les 4-5 ans, et ne parlait que très peu, et lorsqu’elle le faisait, il était difficile de la comprendre. Zoé avait eu la même éducatrice, dans les 2-3 ans, et les 3-4 ans, et avait très peu parlé depuis son entrée en service de garde. Aussi, les parents disaient qu’à la maison, elle parlait peu également, répondant parfois 5-10 secondes après la question, et parfois non, et ne répondait pas non plus à ses grands-parents, qu’elle côtoyait pourtant régulièrement.
Dans le local, lorsque je lui adressais la parole, elle ne répondait aussi que rarement, par exemple, au repas, pour une deuxième portion, je lui pointais le plat de service en lui demandant, elle répondait, ensuite, sans parler, d’un hochement de la tête.
L’éducatrice spécialisée et moi, avions suggéré aux parents, que Zoé soit suivie par un(e) orthophoniste. Elle semblait paralysée, et avoir peur de parler, comme s’il y aurait un danger, et que en parlant, elle se serait fait disputée, et qu’elle ne se sentait pas capable de le faire.
Par la suite, l’orthophoniste de Zoé avait commencé à travailler avec elle, sa prononciation et sa syntaxe, et l’éducatrice spécialisée faisait beaucoup de jeux, un à un, avec elle, pour travailler sa compréhension, et peu à peu sa prononciation s’améliorait, elle commençait à parler un peu avec ses ami(e)s.
Parfois, à ma surprise, elle se mettait soudainement à me partager quelque chose, sans que je lui demande, et je lui répondais et continuais la conversation avec elle, même si je ne comprenais pas toujours, ce qu’elle disait.
Ses ami(e)s ne la comprenaient pas toujours, non plus, ce qui faisait qu’elle ne prenait pas sa place, ne disait pas ce qu’elle voulait, préférait se taire, et souvent, suivait ce que son ami(e) proposait, et par le fait-même, ne s’écoutait pas.
Ses parents étaient inquiets, avec son entrée à l’école, l’année suivante.
Malgré cela, Zoé semblait prendre confiance dans ses autres dimensions, elle était maintenant bonne pour colorier, découper, aussi très sportive, tirait toujours son épingle du jeu dans les activités proposées, et peu à peu, elle osait dire plus de mots, et aussi répondre, parfois, un peu plus rapidement.
Par après, possiblement 4-5 mois après le début de l’année, même si Zoé avait bien du plaisir, et avait progressé un peu, elle semblait faire du surface, son orthophoniste avait soulevé l’hypothèse de dysphasie, un trouble développemental du langage, ce qui aurait expliqué les difficultés qu’elle avait de parler.
Dans les mois suivants, j’ai continué avec les projets, des activités motrices fines et globales, des jeux d’adresse, on a enregistré une chanson avec tous les ami(e)s, chantant chacun une section, filmé une vidéo, et peu à peu, Zoé semblait encore prendre plus confiance en elle.
Elle avait été bien surprise de s’entendre chanter, (les grands yeux ouverts!) et avait bien aimé de se voir sur vidéo, avec tous ses ami(e)s!
Vers la fin mai, début juin, un déclic s’est vraiment produit chez Zoé, nous faisions un film où chaque enfant disait 7-8 lignes chacun, et à notre grande surprise, la voix de Zoé sortait assurée, avec de l’émotion dans la voix, c’était vraiment touchant à voir!
Aussi, sa maman m’avait partagé que Zoé s’était mise à parler avec tout le monde, avec les voisins, à d’autres enfants qu’elle ne connaissait pas au parc, ses grands-parents ne la reconnaissaient pas. On avait commencé à découvrir qui était Zoé, sa personnalité, ce qu’elle aimait, ses émotions, ce qu’elle observait, pensait, elle s’exprimait, elle avait fait tout un chemin!
Les parents étaient tellement contents, et Zoé aussi!
Donc, l’orthophoniste avait finalement écarté l’hypothèse de dysphasie, et mentionnait que c’était un retard de langage chez Zoé, et que plutôt que parler, et se pratiquer, Zoé avait eu peur de parler, préférait ne rien dire, de peur que personne ne la comprenne, que ce ne soit pas parfait, et n’avait pas confiance en ses capacités langagières.
Selon Anxiété Canada, le principal traitement du mutisme sélectif est la thérapie comportementale, qui consiste à exposer progressivement l’enfant à des tâches d’expression orale de plus en plus difficiles dans le cadre d’une relation de soutien. L’enfant apprend peu à peu à avoir confiance en ses capacités langagières, et l’anxiété qu’il ressent peu à peu disparaît.
Et c’est un peu ce que Zoé, avec l’aide de l’orthophoniste, l’éducatrice spécialisée, et avec tous les activités et projets réalisés durant l’année, a fait, peu à peu, elle a pris confiance en elle-même, développé son estime de soi, s’est rendu compte, qu’elle était capable de s’exprimer au même titre que ses ami(e)s, et a pris sa place.
Qu’en pensez-vous?
Êtes-vous en mesure de voir que derrière un enfant qui parle peu, peut se trouver un retard de langage, de l’anxiété, un manque de confiance en ses capacités langagières et un manque de confiance et d’estime de soi, et qu’il est possible de les travailler avec l’enfant?
RÉSUMÉ
LE MUTISME SÉLECTIF, selon Anxiété Canada, serait principalement un trouble anxieux chez l’enfant qui ne parlerait pas de manière constante dans certaines situations, et s’exprime aisément dans d’autres.
Avec le MUTISME SÉLECTIF, l’enfant n’exprimera pas ses besoins personnels, n’ira pas chercher de l’aide même s’il en a besoin
Lorsque le PARENT répond à la place de l’enfant qui ne répond pas, il contribue au renforcement du cycle anxieux de l’enfant
Le principal TRAITEMENT du mutisme sélectif est la thérapie comportementale
Les CAUSES du mutisme sélectif de Zoé étaient un retard de langage, un manque de confiance en ses capacités langagières, et de l’anxiété face à s’exprimer
En TRAVAILLANT sur les causes du mutisme sélectif, et utilisant la thérapie comportementale, peu à peu, Zoé s’est mise à parler, comme les autres enfants de son âge
Et ça, C’ÉTAIT magique!
Merci de prendre le temps de me lire!
