Voici un exemple où un enfant présentait des symptômes apparentés au TDAH (il n’avait pas été évalué, aucun diagnostic n’avait été posé), et où, à la fin de l’année, les symptômes n’étaient plus présents.
À nouveau, pour bien comprendre, cet enfant n’avait pas été diagnostiqué avec un TDAH, il avait des symptômes s’apparentant au TDAH.
Yoann avait débuté l’année chez les 4-5 ans avec des tics, il ne pouvait rester assis sans bouger, il devait toujours avoir une main qui se frottait la poitrine, l’autre qui touchait à un ami(e), à une armoire, se levait un peu n’importe quand lors du diner, il agaçait souvent les ami(e)s, et même si je prenais le temps de lui montrer les habiletés sociales, que son ami(e) lui dise qu’il n’avait pas aimé se faire pincer, il recommençait ensuite, il ne restait pas dans le rang, ce n’était pas facile.
Ses parents m’avaient partagé leurs inquiétudes, la peur que Yoann ne puisse pas être à l’école dans une classe régulière, à la maison, ce n’était pas facile, il avait deux jeunes soeurs, les parents étaient débordés, et Yoann n’écoutait pas beaucoup les consignes.
J’observais cependant que Yoann était parfois capable de vraiment bien se concentrer, surtout lorsqu’il jouait avec des blocs et accessoires de construction, où il démontrait une grande créativité, en faisant des fusées avec des blocs magnétiques, des pistes de course intrigantes, ce que les autres ami(e)s n’arrivaient pas à faire. Je m’empressais toujours de le féliciter, valider ce qu’il faisait.
Cependant, sur d’autres choses, il lui était vraiment difficile de se concentrer, on faisait un atelier de peinture, et n’arrivait pas à peinturer le rouleau d’essuie-tout avec lequel on voulait faire une fusée, sur les exercices de pré-écriture, d’association, il pouvait bien suivre au début et après, décrocher et commencer à écrire sur la table.
J’avais parfois l’impression qu’avec la dynamique familiale à la maison, il avait peu d’attention de ses parents, peu de validation, et ne semblait pas avoir un lien d’attachement avec eux. Son père venait le chercher et faisait toujours des blagues, même si je faisais un retour sur une mauvaise action où il avait frappé un(e) ami(e), le père trouvait le tour de tourner le tout en blague, tellement que j’ai dû le disputer une fois, en lui montrant l’ami qui pleurait encore après avoir reçu un coup de Yoann.
Après 4-5 mois, Yoann s’était une peu amélioré, j’avais de belles conversations avec lui, et j’étais surpris des détails qu’il me partageait de ce qu’il regardait à la maison sur sa tablette, il regardait régulièrement “Deadpool”, un film de super héros interdit aux 17 ans et moins.
J’ai demandé alors aux parents quel temps d’écran Yoann passait-il à la maison, et les parents, un peu embarrassés, m’ont répondu que ses deux plus jeunes soeurs faisant des crises à la maison, ils laissaient Yoann regarder la tablette sans supervision, plusieurs heures chaque soir, et plus encore, les fins de semaine.
En leur expliquant l’impact sur l’attention de trop de temps d’écran sur les enfants, avec un contenu non-approprié pour leur âge, ils ont réajusté le temps d’écran et supervisé le contenu de ce que Yoann écoutait. Aussi, le papa s’est mis à passer plus de temps de qualité avec son fils, et je lui ai demandé de valider son fils dans ce qu’il faisait, au lieu de toujours faire des blagues, qui pouvaient parfois être de la moquerie, car Yoann avait commencé à se refermer sur ses émotions.
Dans les mois suivants, Yoann a fait de beaux progrès, il arrivait à écouter l’histoire sans se tortiller de tous les bords, et un jour, il s’est fait pousser et mettre de la neige dans le visage, après qu’il ait agacé un ami, il avait pleuré beaucoup, après cela, il semblait avoir compris que ce qu’il faisait aux autres ami(e)s, il n’aimerait pas qu’on lui fasse, non plus.
Vers la fin de l’année, Yoann avait encore fait des progrès, était rendu très bon dans ses habiletés sociales, était capable de bien se concentrer lorsque demandé, n’avait plus de tics avec ses mains, et était vraiment bien en lui-même et ses ami(e)s aimaient aussi jouer avec lui, il était mieux en lui-même et plus heureux.
Tout un changement!
Donc Yoann, en début d’année, avait des comportements apparentés au TDAH, qui semblaient provenir d’un manque à combler dans ses besoins émotionnels et affectifs à la maison, un temps et contenu d’écran non-adapté à son âge, un manque de confiance et estime de lui-même, et en adressant ces points, tous ses comportements apparentés au TDAH chez Yoann avaient peu à peu disparus.
Les parents étaient bien contents, et Yoann aussi!
N.B. En tant qu’éducateur(trice) et intervenant(e) en éducation, on peut observer et travailler sur les symptômes avec l’enfant, ce sera le médecin, psychologue et neuropsychologue qui auront les qualifications pour poser un diagnostic de TDAH, au besoin.
Qu’en pensez-vous?
Êtes-vous en mesure de voir qu’un enfant peut présenter des symptômes s’apparentant au TDAH, et que ceux-ci pourraient parfois résulter d’une autre cause qu’un TDAH?
RÉSUMÉ
Des SYMPTÔMES s’apparentant au TDAH peuvent être présents sans qu’il y ait de TDAH
LE MÉDECIN, PSYCHOLOGUE et NEUROPSYCHOLOGUE seront en mesure de poser un diagnostic de TDAH
Des BESOINS émotionnels et affectifs non-comblés peuvent être les causes de différents symptômes chez l’enfant
Un manque de CONFIANCE et ESTIME de soi peuvent être parfois des causes de comportements non-souhaités chez l’enfant
Un TEMPS et un CONTENU d’écran non-adapté pour l’âge de l’enfant, peut avoir un impact négatif
Le LIEN D’ATTACHEMENT et l’écoute active sont des éléments importants pour le bien-être de l’enfant
Merci de prendre le temps de me lire!
